Miscellanées

by Chaviré

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1.
Partout se construisent des tactiques pour fuir ce que l'on aura jamais habité, qu'on habitera jamais. Ces vies remplies, pleines à craquer de rien comme postulat de vide magnifique qu'il faudra louer. Et fuir, retrouver un contre-monde, en secret, dans toutes les choses communes. Construire une attaque stratégique, refuser nos identités, on se fuit et on se fait. Ceux qu'on s'est promis de jambiser, ajourné par timidité, comme panégyrique de notre lâcheté. Et moribonds dans nos foyers pacifiés, tellement paisibles, que la paix nous y a tué. En face, l'empire.
2.
Plus le temps passe et plus on ressemble à la génération de nos darons, à se confondre en excuses et pas arrêter de demander pardon. Se défendre de vivre trop, de désirer mieux, de vouloir renverser l'ordre du monde, nous n'avons hérité que de l'indignation de nos pairs et leur lâcheté de répondre. À devoir se justifier de notre envie dévorante de rendre les coups, lorsque l'on cherche des parades à ce flic intérieur qui persiste en nous. On a le sérieux d'une époque qui se fiche de tout, apathique à tout, l'impuissance nous tient en laisse, fait filer droit la corde au cou. Il y a des mondes secrets à découvrir sous les épaisses couches d'évidence, là où naissent les puissances, où chaque désir devient une menace vibrante. Nous devons apprendre à nous battre contre ce qui rend la vie misérable, là où les amitiés se créent, maintenant il nous faut des armes. Nous sommes tous des groupuscules, nous sommes le présent en train de naître, nous ne voulons pas de nouveaux dieux, nous ne voulons pas de nouveaux maîtres.
3.
Parrêsia 03:34
Il y a ce que nous ont appris les faussaires, dans la résonance, dans l'écho, dans la surenchère. « Tant va la croyance à la vie, à ce que la vie a de plus précaire, la vie réelle s'entend, qu'à la fin cette croyance se perd ». Apprendre à dessiner les flammes qui ornent les lignes de crêtes, sur lesquelles dansent évidemment ceux pour qui la vie est une fête. Séchées les larmes, hauts les cœurs, de ceux qui habitent en poètes ! Plus le temps passe et plus on ressemble à la génération de nos darons, l'envie d'en finir en plus, des techniques pour faire sécession. Il y a les lignes que nous traçons, les lignes de crête sur lesquelles nous dansons, ce regard oblique forcément, qui dessine la ligne d'horizon. « La taule c'est la pression, nourri l'instinct de révolution... », nous devons construire l'ailleurs, tout ici est une prison. Une mathématique nouvelle, de négation de négation, mais plus d'offense, plus d'excuse, plus de pardon. « Bâtir. Habiter. Penser. », voilà l'esquisse d'une vérité, une ligne fabuleuse à dessiner puisque l'époque demande des vérités.
4.
A faire cent mille fois le tour de la ville, à compter les défaites et les déserts. Le festival des gueules renfrognées, des pires ennemis en devenir, des pires ennemis à devenir. Le spectacle à la mode, de la ville qui s'enfuit et l'urbanisme à la solde de son increvable romantisme. On y sera bien allé et on y aura rien vu, des reliques pour témoigner, on trimbale notre exotisme. Quitte à se payer le luxe du dépaysement, à aller jouer l'explorateur détaché, un point de plus à mettre sur une carte, et des photos à exhiber fièrement. De la terrasse de l'hôtel tous les ennuis se ressemblent. On a remis à demain notre envie de tout changer, on a remisé nos belles paroles, c'est plutôt mal parti pour rester. Pas sûr à la fin de prendre le parti de ceux qui restent, pas sûr de la fin.
5.
Il y a un devenir, qui demeure en chaque chose et pas une ligne de notre prose dans leurs livres. Une rupture qu'on désire, une question qu'on repose selon nos mots, en toute chose nous délivre. Nos histoires singulières, sont encore à écrire. Repartir de soi, pour mieux s'abandonner, une façon de se répéter « ne crois pas avoir de droits ». Plus de norme, plus de loi, pas de justice à retrouver ; un chemin à dessiner, une éthique de la joie. « Mais qu'est-ce que ça veut dire, ces distances indivisibles qui se modifient sans cesse » ? Il n'y a pas de monde à sauver, mais des mondes à construire, des fragments à trouver.

about

Recorded between two lockdowns, during summer 2020 by ourselves, in a living room, Nantes, France.
Guitars recorded by Thimothée Funfrock, Dalby, France.
Mixed in a garage, during winter.
Mastered by Sébastien Bedrunes.


The money from the downloads will be donated to suport La Dérive, an autonomous café opened in Nantes, more informations here :
lajavadesbonsenfantsblog.wordpress.com

credits

released January 26, 2021

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Chaviré Nantes, France

punk hardcore, nantes, france.

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